la vie dans la chine ancienne avec les vassaux et les seigneurs, les nobles chinois, et les paysans terriens

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La féodalité chinoise

Les relations entre nobles et paysans

Leurs rapports d'ordre personnel et les rapports d'ordre territorial se mêlent étroitement au point de ne pas les distinguer. En effet, les relations entre les nobles et les paysans sont fondées sur l’hommage et la subordination du vassal au seigneur et elles se combinent avec un système domanial impliquant une hiérarchie commune aux Terres et à leurs nobles possesseurs.

Le centre de la vie sociale est la résidence seigneuriale, le burg, château ou ville, où le seigneur tient sa cour. Il y vit, entouré de ses vassaux qui tiennent de lui leur noblesse et avec qui il est lié par toute une imbrication de liens. Le vassal et le seigneur sont rapprochés du seul fait qu’ils naissent sur le même Domaine, et ces liens d’ordre territorial s’affirment par l’obligation qu’ils ont de vivre en commensaux : ils partagent la nourriture fournie par le domaine, et communient grâce à ce partage. Autant que ces liens, importent pourtant des liens de fidélité créés par une longue procédure d’inféodation. Non seulement les vassaux doivent habiter, en principe, aux abords de la résidence seigneuriale et venir, matin et soir, saluer le seigneur, mais encore ils doivent lui confier leurs fils qui forment auprès de lui un corps de pages. Ils sont entraînés au métier des armes et le lien de fidélité qui s’ajoute aux liens territoriaux dérive surtout des obligations du compagnonnage militaire — si bien que la morale est une morale de l’honneur, mais fondue avec les sentiments des devoirs communément sentis à l’égard de la Terre. Tandis que les fils des vassaux sont, avant d’être « ses hommes », les « pages » du Seigneur, leurs filles vivent, à titre de « filles d’honneur » auprès de la « Dame » à laquelle leurs mères forment une cour. Le couple seigneurial dispose d’une autorité qui paraît fort grande quand il s’agit de marier les enfants des vassaux. En cas de mort, vassal ou seigneur sont tenus, l’un comme l’autre, à observer au profit du défunt certains rites de deuil. On porte le même deuil pour son seigneur et pour son père. Ainsi, à des liens qui semblent d’ordre politique, et qui se traduisent tout aussi bien sous la forme de liens personnels que de liens territoriaux, se mêlent des liens qui paraissent d’ordre domestique et qui, en même temps qu’ils signalent un ordre hiérarchique, font éclater la force d’un certain statut communautaire. Le tout, cependant, s’appuie sur une organisation domaniale des activités économiques.

Respects de famille

Enfin, tandis que toute l’activité des paysans attachés à la Terre est circonscrite par les limites du domaine, il existe des rapports entre seigneurs des différents domaines, rapports auxquels sont mêlés obligatoirement les vassaux nobles. Ces relations, qui prennent alternativement l’allure de visites de courtoisie ou de tournois guerriers, ont pour principal objet d’entretenir des traditions d’alliances. Des fédérations plus ou moins mouvantes de seigneuries s’opposent à d’autres fédérations, non moins instables. Entre les seigneuries alliées ou rivales, tous les rapports sont des rapports d’honneur à honneur dans lesquels se mêlent indistinctement les sentiments des devoirs dus tant aux Domaines qu’aux Familles et aux « Noms ». La « politique » des seigneuries n’est rien de plus qu’une « partie » ininterrompue de vendettas et d’alliances matrimoniales. Au-dessus des seigneurs, le roi, suzerain et non pas souverain, n’a que les prérogatives d’un « Primus inter pares ». Il n’est point un chef d’État. Il est, en théorie, le principe d’une certaine hiérarchie, et, en pratique, le garant, plus ou moins respecté, d’un certain ordre traditionnel de préséances. Cependant, tandis que toute la vie sociale est d’ordre local, et que les domaines seigneuriaux mènent une vie fermée, à leur isolement (qui se manifeste par la règle interdisant d’exporter comme d’importer les grains) s’oppose le sentiment très vif d’une certaine unité de civilisation. Ce sentiment ne s’arrête aucunement aux frontières d’un Pays, d’une Nation, d’un État. Il ne finit qu’aux limites de ce qu’on considère comme la « Terre des Hommes », le reste du monde n’étant qu’un espace dilué où vaguent des êtres semi animaux, les Barbares.



Ecrit par : VANDOORN B.

Date de derniere mise à jour : 01/03/2008




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